Collégiale de Candes Saint-Martin

La collégiale Saint-Martin est un monument surprenant qui ne ressemble à aucun autre tant par son histoire que par son architecture. En 1836, Prosper Mérimée en fait la visite. De plus, le lieu est classé monument historique sur la liste de 1840, divers éléments matériels comme le maître autel ou certaines statues sont également protégés par ce classement de 1840.

 

Saint-Martin à Candes

Né en 316 en Hongrie, Martin est le fils d’un tribun romain, un officier supérieur d’une Légion romaine. Martin s’intéresse assez tôt au nouveau culte chrétien, ce qui n’est pas sans inquiéter son père. Celui-ci l’envoi très tôt servir dans l’armée romaine.

La légende de Saint-Martin prend racine en 334. Alors affecté en Gaule, à Amiens, Martin fait son tour de garde comme à son accoutumée. Il croise un homme pauvre et transi de froid, n’ayant nul domicile, il décide de lui offrir la moitié de son manteau, la chlamyde, pour se couvrir. La nuit suivante, le christ apparaît à Martin en vision portant sa cape.

En 356, Martin parvient à quitter l’armée et rejoint Poitiers et son évêque, Hilaire. Selon la tradition, Martin reçoit de Dieu des pouvoir thaumaturge (guérison) et d’exorcisme. Il eût été confronté au diable … 

En 371, les habitants de Tours kidnappent Martin qu’ils veulent faire devenir leur Évêque. La chose est entendue et Martin se soumet à cette « appel divin par la voie du peuple ».

Loin du faste de sa position, Martin respecte des valeurs d’extrême pauvreté, qui apparaissent par des vêtements d’aspects rustiques. Très vite, il se fixe à Marmoutier où il fonde son ermitage, un monastère en bois où il demeure dans une cabane en bois. Durant son mandat d’Évêque, il œuvre à la paix et à la réconciliation entre les populations. 

Dans le cadre de sa mission, il chemine à Candes-sur-Loire pour pacifier un conflit entre clercs. Il y parvient mais l’âge étant là tout comme la fatigue, il décède sur un lit de cendre à Candes-sur-Loire le 8 décembre 397.

Sa dépouille sera subtilisée par des tourangeaux. Sa dépouille sera plus tard hébergée dans la basilique Saint-Martin.

La collégiale que nous connaissons à Candes-Saint-Martin conserve jalousement le souvenir du Saint.

 

Construction d’un lieu de culte

En 397, lors de la venue de Saint-Martin, la collégiale n’existe pas. L’on peut supposer l’existence de bâtiments en bois. L’on sait que l’église Saint-Maurice et la maison dans lequel Saint-Martin à rendu l’âme sont des lieux de pèlerinage dès le Vème siècle et donc que la petite ville accueille très tôt nombre de pèlerins. 

Au milieu du XIème siècle, le prieuré fondé par Saint-Martin laisse la place à une organisation collégiale forte de douze chanoines et l’église Saint-Maurice devient une collégiale.

La forte fréquentation et le passage du temps explique que l’église et maison mortuaire de Saint-Martin ne soient plus en bon état et soient démolies en 1175.

Ainsi, à la fin du XIIème siècle, l’on se décide de rebâtir la collégiale. L’affaire est immense et à lieu dans un contexte assez difficile implique un lieu stratégique vu sa proximité avec la Loire et la position de l’église.  N’oublions pas la difficulté et le temps long de la construction d’un édifice au XIIème siècle.

La reconstruction démarre par le chœur. Parallèlement, la chapelle de Saint-Martin est créé ou recrée dans ce qui peut avoir été un clocher ou un mur d’enceinte au vue de la largeur. Cette chapelle de Saint-Martin est aménagée sur les lieux de sa maison mortuaire pour que le culte au sein puisse encore exister.

L’histoire de la construction de la collégiale serait longue et fastidieuse à vous conter, il faut simplement retenir qu’elle ne sera pas facile, les projets seront sans cesse modifiés. Selon des sources écrites, les travaux auraient été achevés en 1250. 

L’église de cette époque dans son style gothique devait être comme les autres églises de la région sans caractéristiques spécifique à ce lieu.

Au XVème siècle, en pleine Guerre de Cent Ans, au vu de sa position stratégique sur la Loire, la collégiale va être transformée. En effet, la collégiale est fortifiée : deux tours vont flanquer la façade. Ces tours couronnées peuvent accueillir des hommes d’armes pour observer les alentours ou tirer sur l’adversaire. Entre ses deux tours, la bretèche permet de circuler comme sur des remparts. Dans cet effort de sécurisation, le monument perd des ouvertures ainsi que sa façade « classique » d’entrée dans le monument pour laisser la place à l’entrée d’une forteresse. Elle est un exemple rare d’église fortifiée du Val de Loire.

En 1562 et 1568, l’église subi les Guerre de Religion et sera pillée, les archives du lieu seront volées ou détruites et nous perdrons l’histoire du lieu et des âmes qui l’ont conçu mais le monument reste toujours debout.

Le 6 octobre 1711, un tremblement de terre vient causer des dégâts à l’édifice. LE Roi Louis XIV finance en partie les restaurations. En 1723, le chœur et une partie du transept s’écroule emportant le clocher dans leur chute. Les réparations seront effectuées quelques années plus tard.

 

La collégiale de notre époque

En 1840, la collégiale est classée mais elle est dans un triste état. Entre 1852 et 1856, des travaux de restauration ont lieu. Malheureusement lors de ses travaux certains éléments sont détruits volontairement ou non comme un ancien autel qui est réemployer comme marche de l’escalier latéral du porche … 

Début 1945, le futur Pape Jean XXIII honore la collégiale de sa visite. Il ne sera pas le seule, le pèlerinage à Saint-Martin implique toujours la venue dans ce petit village de caractère.

Lors de votre visite, il faut absolument visiter la chapelle de Saint-Martin et étudier ses vitraux qui raconte le « vol » du corps du Saint. Prenez le temps d’observer l’architecture de ce monument d’exception qui s’est faite en fonction des besoins de l’époque et des restaurations antérieures. Au-delà de la façade d’entrée dans l’édifice, la façade ouest mérite la visite, son architecture particulière est tout à fait caractéristique d’une église fortifiée. 

Dans la nef, prenez le temps d’admirer les groupes de sculptures et les statues dont certaines sont encore colorées. N’oubliez pas d’admirer les statues et l’articulation du porche nord, à cet endroit levez la tête pour apercevoir les voûtes, cet effort sera récompensé par une œuvre de grande qualité. Sur ce même porche ne ratez pas les chapiteaux des révolutionnaires, dont je vous laisse découvrir la subtilité.

 

Somme toute, visiter la collégiale de Candes-Saint-Martin est un véritable voyage pour se rapprocher du Saint-homme de Tours mais également pour toucher du doigt et du regard l’histoire du Val de Loire.